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Auto-insémination par don de sperme internet

Auto-insémination par don de sperme internet

POSER DES LIMITES ETHIQUES NON POUR STIGMATISER, JUGER OU IGNORER MAIS POUR GUIDER LE PROJET DE DESIR D’ENFANT
La procréation humaine dans notre société est en pleine mutation, conséquence de l’évolution techno-scientifique parfois vertigineuse mais aussi des moeurs (mariage pour tous). Il est de plus en plus important de prendre conscience qu’il s’agit d’un domaine délicat et complexe qui concerne un enfant à venir que l’on se doit de respecter en le protégeant le mieux possible. En Suisse, la Loi sur la procréation médicalement assistée (LPMA) s’inspire en partie de la Convention relative aux droits de l’enfant (CIDE) de l’ONU (1989). Elle a comme objectif de protéger la dignité humaine, la personnalité et la famille (LPMA art.1). Dans cette Loi on entend par insémination (art.2b) : l’introduction, à l’aide d’instruments, de spermatozoïdes dans les voies génitales de la femme; dès lors que cela se fasse seule ou avec un tiers partenaire ou conjoint paxé ou marié cette pratique d’auto-insémination avec du sperme de donneur acheté sur internet d’une société comme Cryos est concernée par la Loi.
En Suisse, des paillettes de sperme de donneur congelées peuvent être utilisées par un gynécologue ou un spécialiste en médecine de la reproduction pour autant que les conditions légales suisses soient remplies.
Pour remplir ces conditions il s’agit d’être un couple marié avec une infertilité masculine avérée. Le sperme doit  provenir d’un donneur ayant été testé pour exclure la transmission de maladies génétiques (mucoviscidose, caryotype normal) et infectieuses ( VIH, hépatite B, C etc.). De plus, il doit y avoir la possibilité de levée de l’anonymat du donneur lorsque l’enfant atteint l’âge de 18ans. Un nombre limité d’enfants pour le même donneur est fixé au nombre de 8.
La Loi LPMA en Suisse n’autorise le don de sperme que chez les couples hétérosexuels mariés uniquement avec une levée de l’anonymat sur demande de l’enfant lui-même au moment de sa majorité, le donneur restant anonyme pour les parents.
Je pense qu’au-delà de l’aspect illicite d’une telle démarche la problématique éthique et sanitaire demeurent.
J’ai toujours dit que le désir d’enfant avant même d’être étiqueté du « label infertilité » devrait beaucoup plus être encadré par la médecine de la reproduction afin de leur offrir un espace d’écoute et de pouvoir agir sur le plan préventif, éthique,
psychologique et sanitaire. C’est un projet complexe et intime pour l’individu concerné qui va impliquer un être à venir, un enfant que l’on se doit de protéger. Aussi, au-delà de nos convictions et de la législation du pays dans lequel nous exerçons la médecine nous devons, nous, gynécologues, spécialistes en médecine de la reproduction, permettre à tous, homosexuel et femme célibataire y
compris de parler de leur projet afin de les accompagner avec dignité et respect tout en abordant les questions éthiques et psychologiques de l’enfant à venir. C’est l’occasion pour nous de rappeler l’importance d’être deux pour concevoir, un ciel et une terre, pour donner des
conditions favorables au développement de leur futur enfant . La notion de tiers est fondamentale dans le développement de l’enfant déjà dans le giron de sa mère et dans la petite enfance en lui donnant la confiance de s’ouvrir au monde extérieur plutôt que de rester fusionner à la mère. A cette occasion je rappelle personnellement que leur projet idéal va prochainement être confronté à la réalité et qu’à deux surmonter un tel changement est plus facile avec une précarité plus importante dans les familles monoparentales aux conséquences délètères sur l’enfant.
Sur le plan sanitaire les risques de transmission de maladies virales comme le HIV ou la syphilis peuvent exister selon ces centres dont les standards de sécurité peuvent être très différents. En Suisse, le sperme du donneur est congelé à -196 oC avec un contrôle sérologique négatif au moment du prélèvement avec deux contrôle négatif sur une période de 6 mois avant de pouvoir être utilisé. Un tel niveau de sécurité n’est pas du tout évident dans les centres et devrait être évalué avec un médecin.
En Suisse romande nous avons deux banques de sperme localisée à Lausanne (CPMA et CHUV).
Depuis le 1/1/2001 le don de sperme est passé de l’anonymat complet à la levée possible dès l’âge de 18 ans de l’enfant issu de l’insémination.
Dr méd. Pascal Mock
directeur scientifique
babyImpulse
Genève

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